Le traitement de la syringomyélie chez le chien

Baïka a été diagnostiquée 27.10.2014, à 3 ans et demi, à un stade avancé de syringomyélie. Beaucoup d’entre vous nous ont demandé si notre petite chienne avait un traitement, et duquel il s’agissait. Nous partageons donc ici avec vous le traitement que reçoit Baïka, ainsi que les informations que nous avons à ce sujet.

En espérant que ce petit article vous aidera dans la connaissance et la compréhension de quelques traitements possibles de la syringomyélie. Pour toute question, approfondissement ou application à un autre chien, je vous invite à prendre contact avec votre vétérinaire.

Plus vite on sait, plus vite on traite. 
Plus vite on traite, mieux c’est. 

En cas de symptômes et de suspicion de Syringomyélie, n’attendez pas avant de faire diagnostiquer votre chien. Plus vite vous savez si votre chien est atteint par cette maladie, plus vite vous allez mettre en place un traitement qui peut améliorer la qualité de vie et l’espérance de vie du chien.

On ne guérit pas de la syringomyélie mais un retard de traitement peut avoir un impact sur sa progression. Il est recommandé de commencer les traitements dès la découverte de la maladie, car l’état peut rester stationnaire pendant longtemps, mais peut aussi évoluer rapidement.

L’âge d’apparition de la syringomyélie, la sévérité des symptômes et la progression de la maladie sont variables. Chaque traitement est donc individualisé et mis en place avec un vétérinaire.

Le traitement va généralement viser à :

  • Soulager les symptômes
  • Calmer la douleur et l’inflammation
  • Réduire la progression de la maladie
  • Diminuer la formation de liquide cérébro-spinal et la pression intracrânienne
  • Limiter les dommages neurologiques permanents

Traitement médicamenteux

Le vétérinaire peut entre autre prescrire des médicaments :

  • anti-inflammatoires et analgésiques (AiNS)
  • cortico-stéroïdes (dans quasiment tous les cas)
  • anti-convulsifs / anti-épileptiques
  • inhibiteurs de pompe de proton – IPP

Important : Chaque traitement agit sur plusieurs niveaux et vient avec ses indications, sa posologie, ses recommandations, ses contre-indications et ses effets indésirables. Seul le vétérinaire est apte à vous proposer un traitement adapté à votre chien, il va également peser les risques et les bénéfices de chaque solution. Le traitement de Baïka, par exemple, n’est pas forcément à appliquer à tous les chiens.

Baïka est actuellement sous cortisone (Spiricort) et gabapentine (Gabapentine-Mepha).
Nous avions commencé le traitement avec une double dose de cortisone le matin, sur 5 jours, avec la gabapentine (150mg matin et soir). Puis nous sommes ensuite passés au traitement standard à partir du 6e jour en lui donnant 2.5mg de cortisone le matin et la gabapentine matin et soir.

Nous avons observé et noté tous les symptômes et nos remarques en vue d’adapter le traitement après 3 semaines. Lors de ce deuxième RDV, le vétérinaire a fait le bilan et modifié le traitement : 2.5 mg de cortisone à 6h et 150 mg de gabapentine toutes les 8 heures (6h, 14h et 22h).

Elle prend ses médicaments volontiers lorsque nous les mélangeons avec un peu d’huile de coco Therapy ou de crème au foie. Nous lui donnons la cortisone le matin, afin de la soulager dans ses activités journalières (comme la plupart des chiens de compagnie, elle est plus active le jour que la nuit). Les premiers jours, la cortisone a presque supprimé les grattages, mais lorsque nous avons diminué le dosage elle a provisoirement recommencé à se gratter plus souvent. Comme je vous le disais, tout traitement a des effets indésirables. Dans l’immédiat nous constatons que le traitement calme Baïka, mais lui donne très faim et très soif. Avec l’anti-épileptique qui l’aide aussi pour les douleurs neurologiques, elle halète d’avantage. La cortisone risque également de changer notre petite chienne physiquement.

Intervention chirurgicale

L’intervention chirurgicale peut être abordée. Elle pourrait peut-être stopper la progression de la maladie, mais dans tous les cas les dommages neurologiques déjà subits ne sont pas réversibles. Actuellement nous n’avons pas encore envisagé l’opération car notre vétérinaire a des doutes à son sujet.

Agir au quotidien

Depuis la découverte de la maladie, nous cherchons à avoir les bons gestes et de faire attention au quotidien. Voici des petites astuces qui peuvent aider un chien atteint de syringomyélie de façon non négligeable.

  • Limiter le stress : évitez-lui tout stress, les fortes excitations positives comme négatives.
  • Surélever les gamelles : placer les gamelles en hauteur afin de réduire la tension du cou et
  • Eviter toute pression sur le cou : fini le collier (qui peut aller jusqu’à faire perdre connaissance), selon l’emplacement du syrinx un harnais est conseillé, dans tous les cas la laisse ne doit jamais être tirée.
  • Mettre une rampe : ou un petit escalier pour descendre du canapé
  • Proposer un couffin à gros rebords : afin que le chien puisse s’installer de la façon qu’il préfère, souvent la tête surélevée
  • Etre à l’écoute de son chien : s’il ne veut pas faire quelquechose, il y a une bonne raison (activités ou toilettage), par exemple certains jours Baïka hésite à prendre les escaliers et donc nous prenons l’ascenceur.
  • Limiter certaines activités : qui semblent empirer les symptômes ou qui impliquent des efforts de la colonne vertébrale
  • Chercher des activités : qui lui font plaisir et servent à améliorer la mobilité, réduire la faiblesse ou rigidité musculaire, ainsi que la fatigue et la douleur
  • Attention aux changements de pression atmosphérique : ne pas emmener le chien en altitude ni en avion. La pression se modifie également avant les changements météorologiques.

Nous apprenons à réagir aux signes de Baïka, et à agir en prévision de différentes situations. Nous remarquons que Baïka se gratte immédiatement en cas d’excitation, en cas de port de collier ou si nous faisons quelquechose de « trop » comme par exemple si on ne prête pas attention à garder une laisse souple (non tendue) et stable (qui ne se balance pas trop). Dans son cas, le grattage est un symptôme visible qui nous sert de baromètre. Il est d’ailleurs diminué par ses médicaments.

J’essaie de changer le contexte des situations excitantes pour mes chiens. Par exemple pour limiter les effluves et bonjours frétillants, je demande à mes invités d’ignorer Baïka et Milo en rentrant chez moi. Depuis quelques temps, j’apprends aux chiens à aller se coucher lorsque la sonnette retenti.

Nous favorisons les promenades sans laisse. L’ouïe de Baïka a diminué, alors je lui parle beaucoup en extérieur afin qu’elle ne s’éloigne pas au point de ne plus m’entendre. Baïka étant gourmande (et affamée par ses médicaments), il est très facile d’avoir sa collaboration irréprochable avec quelques friandises. Entre autre nous arrivons à retenir son attention avant qu’elle ne déclenche des aboiements (chat, oiseaux) ou avant qu’elle se retrouve en situation de stress (rencontre avec un autre chien en laisse par exemple).

Je préfère des distractions qui n’impliquent pas une grande excitation ou des mouvements trop brusques. Nous essayons d’être attentifs au bien-être de notre chienne. C’est une négociation constante entre « lui éviter de souffrir », « éviter que la maladie ne progresse » et « lui permettre d’être heureuse ». Lui permettre de s’amuser fait aussi partie de sa qualité de vie…

Autres thérapies complémentaires pour le traitement de la syringomyélie

D’autres thérapies pourraient également donner un coup de pouce, comme les ultrasons, la chiropraxie, l’acupuncture, la phytothérapie ou l’homéopathie… Nous commençons à explorer ces options.

Voilà donc les traitements qui sont à notre disposition pour le moment.
Faites-nous part de vos expériences et avis !

Comments

  1. abellan helene
    abellan helene 26 mai, 2015, 11:49

    Bonjour, un grand merci pour vos articles sur la syringomyélie. J’ai eu la triste nouvelle d’apprendre la semaine dernière que ma petite ckc, gaby, agèe de 4 ans en était atteinte. Nous avons passé un scanner la semaine dernière en vue de diagnostiquer une éventuelle hernie discale. Le diagnostic fut tout autre : méningite +myélite + syryngomyélie….le choc !
    L’urgence a été de traiter la méningite avec de fortes doses de cortisone et d’antibiotique et à ce jour son état s’améliore lentement mais s’améliore. Bien que ce ne soit pas aussi précis qu’un irm, le scanner révèle des lésions( syrynx) légères à modérées au niveau des cervicales et des lombaires. Avant cela, gaby n’avait pas de symptômes si ce n’est ( par rapport à la liste que vous donnez)des crises de type épileptiformes jusqu’à l’age de 1 an et le fait qu’elle dort la tête de préférence surélever ce que ne fait pas notre autre ckc. Pas de signe de grattage ou autre symptômes tels que vous les décrivez. Bref vos articles m ont bien aidée dans la compréhension de cette maladie. Lorsque gaby sera rétabli je pense rencontrer un neurologue et compléter le bilan par un IRM. Je vous souhaite bien du courage et surtout de ne pas perdre espoir. Merci pour votre blog, c’est chouette de voir à quel point des personnes aiment leurs animaux inconditionnellement. Bien à vous. hélène

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